mercredi 1 décembre 2010

Thanksgiving: le jour de l'Action de grâce

Le présent article est la traduction en français, établie par Jean Leclercq, d’un article rédigé en anglais par Jacquie Bridonneau et publié il y a quelques jours sur ce blog. Je les remercie tous les deux.

Aux États-Unis, c'est un jour férié qui tombe toujours le quatrième jeudi de novembre, l'un de ceux que tous adorent, jeunes ou vieux, et l'occasion pour des gens de confessions et de cultures différentes de participer ensemble aux festivités du grand creuset américain. Le menu typique de l'Action de grâce se résume habituellement à une dinde rôtie au four, arrosée pendant des heures, emplissant la maison d'effluves enchantées, accompagnée bien entendu de sauce aux airelles (1), de purée de pommes de terre et de patates douces et, pour le dessert, d'une tarte à la citrouille ou au mincemeat (2) (avec un peu de chance, des deux!). Rien donc de bien compliqué, au regard de notre cuisine française raffinée; assez élémentaire en somme, pourrait-on même dire. Mais alors, qu'est-ce qui fait tant désirer l'Action de grâce?



Et d'ailleurs, où les Américains sont-ils donc allés pêcher cette idée? En réalité, c'est toute une histoire. Comme chacun sait, les premiers Américains étaient les autochtones indiens et le pays n'a commencé à se peupler qu'avec l'arrivée des Pères pèlerins qui fuyaient l'Angleterre en quête de liberté religieuse. Mais le nord-est américain a un climat continental assez rude et la vie y était plus dure que prévu. Beaucoup n'y résistèrent point et la première Action de grâce eut lieu à l'automne de 1621, quelque part entre le 21 septembre et le 11 novembre. Ce qu'il restait de pèlerins, grossi d'environ 90 membres de la tribu locale des Wampanogues, célébrèrent la récolte généreuse. Ce fut certainement un festin de gibier à plumes et de chevreuil, probablement agrémentés de  baies, de poissons, de pétoncles, de prunes et de citrouilles.

George Washington, le premier président des États-Unis d'Amérique, décida que le vendredi 26 novembre 1789 serait « un jour de prière et d'action de grâce publiques » pour la nation naissante. C'était un brillant début, mais il fallut l'intervention d'un autre grand président américain, Abraham Lincoln, pour que l'Action de grâce devînt un jour férié en 1863, fêté chaque année le dernier jeudi de novembre.

Mais cette histoire comporte encore un épisode, impliquant aussi un grand président: Franklin D. Roosevelt. Sous sa présidence, en 1939, il se trouva que le dernier jeudi de novembre tombait le 30 du mois; craignant qu'il ne reste pas assez de temps pour faire des achats avant Noël, commerçants et consommateurs lui demandèrent d'avancer l'Action de grâce d'une semaine. Il accepta et annonça que la fête serait célébrée le 23 novembre, l'avant-dernier jeudi du mois. Ce fut une belle pagaille, car les écoles donnaient traditionnellement congé pour l'Action de grâce, sans parler des matchs de football importants prévus à cette date. Les États étaient partagés, certains choisissant de se conformer au Président, d'autres non et, d'autres encore, optant pour deux jours d'Action de grâce. Finalement, le Congrès adopta en 1941 une loi disposant que l'Action de grâce serait célébrée chaque année le quatrième jeudi de novembre.

C'est une belle histoire, mais la véritable magie de l'Action de grâce tient à l'essence même de cette fête. Une réunion de famille, sans chichi, où l'on prend réellement le temps de songer à tout ce dont on a tout lieu d'être reconnaissant. Sans être une fête religieuse, la plupart des églises  sont ce jour-là  plus remplies que d'habitude; les gens prennent le temps de rendre grâce à Dieu de toutes les bonnes choses de la vie. Et, entouré de parents ou d'amis, humer une première bouffée de cette dinde fumante qui trône au milieu de la table, attendre le prochain match de football, finir les restes le lendemain, avant d'entamer les achats de Noël, tel est certainement le sens de cette  fête que les Américains ont le véritable privilège de pouvoir célébrer.         .     
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La sauce aux airelles – aussi simple que délicieuse! Le plus difficile est de trouver des airelles en France, mais les surgelées font aussi bien l'affaire et n'hésitez pas à en faire provision quand vous en trouvez. 
Ingrédients
·                     1 tasse (200 g) de sucre
·                     1 tasse (250 ml) d'eau
·                     4 tasses (un paquet de 800 g.) d'airelles fraîches ou surgelées.
Rincer les airelles. Faire d'abord bouillir l'eau et le sucre. Ajouter les airelles et les faire pleurer pendant une dizaine de minutes; vous allez les entendre éclater et la sauce va progressivement épaissir. Laisser ensuite refroidir  et mettre la sauce au réfrigérateur jusqu'à ce que vous soyez prêts à la savourer!



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(1) Petite baie rouge qui pousse dans les marais des régions froides. Un peu plus grosse, c'est la canneberge ou l'atoca.

(2) Sorte de hachis de fruits secs et de graisse.

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