samedi 21 août 2010

Rudyard Kipling (Première partie) [français]

Le présent billet est la version française d'un article rédigé en anglais par Jonathan Goldberg et publié précédemment sur ce blog.


L'écrivain britannique Rudyard Kipling, né en Inde en 1856 et mort en Angleterre en 1936, fut le premier écrivain de langue anglaise à être récompensé par le prix Nobel de littérature (1). Ecrivain prolifique, il a écrit des livres qui portent sur des sujets très divers, aussi bien An Almanac of Twelve Sports que L'Homme qui voulut être roi” (qui a été porté à l'écran). Il est surtout connu pour ses oeuvres de fiction, en particulier celles qui étaient destinées aux enfants, par exemple Le Livre de la jungle et les autres récits de la même série, qui furent popularisés plus tard par Walt Disney.


Kipling fut enterré au Coin des poètes [Poet’s Corner (2)], à la Westminster Abbey (Londres), de même que d'autres grands écrivains britanniques tels que Chaucer, Dickens et Thomas Macaulay.


Malgré sa brillante carrière littéraire, Kipling fut critiqué par ceux qui voyaient en lui un militariste et un chauvin. George Orwell le traita de “prophète de l'impérialisme britannique”. Virginia Woolf écrivit "Il est un fait que M. Kipling crie "Vive l'Empire !" et tire la langue à ses ennemis."

On retiendra en particulier de Kipling l'admirable poème If, qui fut traduit en de nombreuses langues; Il est reproduit ci-après et est suivi d'une version française établie par André Maurois (3).

If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you;
If you can trust yourself when all men doubt you,
But make allowance for their doubting too;

If you can wait and not be tired by waiting,
Or, being lied about, don't deal in lies,
Or, being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise;

If you can dream - and not make dreams your master;
If you can think - and not make thoughts your aim;
If you can meet with triumph and disaster
And treat those two imposters just the same;

If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to broken,
And stoop and build 'em up with worn-out tools;

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;

If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: "Hold on";

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with kings - nor lose the common touch;
If neither foes nor loving friends can hurt you;
If all men count with you, but none too much;

If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds' worth of distance run -
Yours is the Earth and everything that's in it,
And - which is more - you'll be a Man my son!


Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

Cette version française n'est pas une traduction dans le sens habituel de ce terme. André Maurois a traduit certaines parties du poème original, mais en a rendu d'autres très librement pour restituer l'esprit du poème.

Rudyard Kipling (1865-1936)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rudyard_Kipling

http://www.youtube.com/watch?v=l1Ky6I3Scjw

http://www.youtube.com/watch?v=4Li3LPgjWcI&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=is-JCJCUy18&feature=related

Chanté par Bernard Lavilliers

http://www.youtube.com/watch?v=E1gDoZpl7Fk


Source: http://ebooks.adelaide.edu.au/k/kipling/rudyard/

(1) http://nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates

(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Coin_des_po%C3%A8tes

(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Andre_Maurois

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