mardi 30 août 2011

Kaputt, de Curzio Malaparte

[Rappel d’un billet précédent :]
Commentaire d'un lecteur de Kaputt, de Curzio Malaparte, sur Amazon : « Dommage que la traduction de Juliette Bertrand soit un peu inégale (certains mots sont tantôt traduits tantôt laissés en italien). »
[Fin du rappel]
Ce reproche est en partie injuste. Le roman se déroule en divers lieux, et Malaparte reprend des mots roumains, finnois, allemand, etc. sans toujours les traduire explicitement. Le lecteur est censé connaître l’allemand, par exemple, et deviner le sens de mots de langues moins connues. L’auteur parle de char et le lecteur doit ensuite comprendre le sens du mot roumain « carruzze ».
Cependant, il est plus facile à un Italien qu’à un francophone de comprendre le mot roumain « asculta » (ascoltare signifie écouter en italien). De même, l’auteur utilise à de nombreuses reprises l’expression roumaine « la rivedere », facile à comprendre pour un Italien, car elle rappelle « a rivederla » (au revoir), mais moins évidente pour un francophone.
Malaparte n’est pas infaillible non plus :
Va-t-en, va-t-en, criai-je en roumain : Merge, merge ! Puis je pensai que la jument n’était peut-être pas roumaine, mais russe, et je criai : Pachol, pachol !
Comme le narrateur s’adresse à une jument, il doit accorder le mot russe pachol. Il fallait écrire « Pachla ».
Enfin, dans le dernier chapitre, la traductrice reprend entre parenthèses, sans les expliciter, deux mots italiens. En particulier, le mot « basso » revient à plusieurs reprises, et il est difficile d’en deviner le sens. Il s’agit d’un mot napolitain qui désigne un étage intermédiaire entre le sous-sol et le rez-de-chaussée.
Quant au roman lui-même, il m’a déçu. C’est un livre sur les horreurs de la guerre, mais il est moins fort que L’oiseau bariolé de Jerzy Kosinski.

1 commentaire:

  1. Je n'ai pas lu ce livre, mais il est vrai que lorsqu'il y a trop de mots en langue étrangère, cela rend la lecture moins fluide, à moins que cela ne soit évident, ou traduits après, pour souligner la couleur locale.

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